Photobiomodulation : comment la lumière agit sur les cellules de la peau
La photobiomodulation est l'absorption de lumière à des longueurs d'onde précises par les cellules de la peau, sans chaleur ni UV. La photobiomodulation visage en est l'application cosmétique, à des longueurs d'onde comprises entre 460 et 850 nanomètres, la plage couverte par les quatre LED du masque Lumina 630.
Le mot « photobiomodulation » circule désormais hors des laboratoires. On l'entend en institut, chez certains dermatologues, sur les emballages d'appareils grand public. Il ne s'agit pas d'une mode : c'est un mécanisme précis, étudié depuis plusieurs décennies, l'action d'une lumière colorée sur l'activité des cellules de la peau.
Le terme sert aussi à décrire la luminothérapie appliquée au visage, une déclinaison courante du même principe, utilisée en institut comme à domicile.
Les promesses de certaines marques se mêlent au vocabulaire de la médecine. Résultat : difficile de savoir ce que la lumière fait vraiment sur la peau, et ce qu'elle ne fait pas. Certaines longueurs d'onde s'appuient sur des essais cliniques solides. D'autres reposent sur des données plus minces, parfois présentées comme équivalentes alors qu'elles ne le sont pas.
Ce guide détaille le mécanisme et ce que chaque couleur fait sur la peau. Il expose le niveau de preuve exact, les précautions à connaître, et la comparaison entre usage à domicile et séance en institut. Chaque affirmation s'appuie sur une source publiée, nommée, vérifiable. Quand la preuve est plus mince, l'article le dit aussi clairement que lorsqu'elle est solide.
L'ESSENTIEL
- La photobiomodulation est l'absorption d'une lumière LED non thermique et sans UV par des molécules cibles à l'intérieur des cellules de la peau.
- Trois voies d'absorption distinctes coexistent : la cytochrome c oxydase des mitochondries (rouge, infrarouge), l'hémoglobine du sang (jaune), et les pigments d'une bactérie de surface (bleu), caroténoïdes dans la bande émise par le masque, porphyrines seulement autour de 415 nm.
- La profondeur atteinte croît avec la longueur d'onde : elle décide des cellules que chaque couleur peut atteindre, donc de ce qu'elle peut faire.
- Une couleur ne remplace pas une autre : ni la même profondeur, ni la même molécule cible.
- Les résultats demandent des séances régulières sur plusieurs semaines, jamais une séance unique.
- Photobiomodulation visage : de quoi parle-t-on ?
- Comment la lumière agit-elle sur la peau (mécanisme) ?
- Le rouge (630 nm) : quel effet sur l'aspect des rides et la fermeté ?
- Le jaune (590 nm) : quel effet sur l'apparence des rougeurs et l'uniformité du teint ?
- Le bleu (460 nm) : quel effet sur les imperfections en surface ?
- L'infrarouge (850 nm) : quel effet sur la micro-circulation et en profondeur ?
- Y a-t-il des dangers ou des contre-indications ?
- En institut ou à domicile : qu'est-ce qui change vraiment ?
- Questions fréquentes
- Ce qu'il faut retenir
Photobiomodulation visage : de quoi parle-t-on ?
La photobiomodulation est l'absorption, par les cellules de la peau, d'une lumière émise à des longueurs d'onde précises, sans chaleur et sans ultraviolets. Le mot recouvre donc un mécanisme défini, souvent confondu avec d'autres usages de la lumière.
Le mécanisme cellulaire
Cette absorption modifie l'activité cellulaire, notamment la production d'énergie, sans endommager les tissus.
Le mécanisme part d'une molécule présente dans les mitochondries, la cytochrome c oxydase. Vulgarisé simplement : la mitochondrie est le petit moteur énergétique de la cellule. Cette molécule absorbe la lumière rouge et proche infrarouge pour produire davantage d'ATP, le carburant de la cellule. Plus d'ATP disponible, plus d'activité cellulaire possible.
Ce que ce n'est pas
La photobiomodulation n'est ni un laser, ni une exposition aux UV, ni une forme de bronzage.
Le laser concentre une énergie ponctuelle et thermique sur une zone précise. Les UV endommagent l'ADN cellulaire et accélèrent le vieillissement de la peau. La photobiomodulation ne fait ni l'un ni l'autre : elle diffuse une lumière non thermique sur une surface large.
Les autres noms, et le temps que ça prend
Le terme porte plusieurs noms selon le contexte, tels que :
- LED thérapie, en usage médical
- luminothérapie, en usage grand public
- photomodulation, dans certains textes scientifiques
Le mécanisme reste identique, seule l'appellation change.
Cette énergie supplémentaire ne modifie pas la structure du visage du jour au lendemain. Elle module l'activité des cellules, ce qui peut, avec la répétition, influencer l'apparence de la peau sur plusieurs semaines. Le détail par couleur est développé plus loin.
Comment la lumière agit-elle sur la peau (mécanisme) ?
Ce qui absorbe la lumière, et à quelle profondeur
La lumière est absorbée par des molécules cibles à l'intérieur des cellules. L'absorption augmente la production d'énergie cellulaire. L'effet visible sur la peau dépend ensuite de la profondeur atteinte par la longueur d'onde utilisée.
La longueur d'onde se mesure en nanomètres. Le nanomètre indique la couleur exacte de la lumière et sa capacité à pénétrer la peau. Plus la longueur d'onde est élevée, plus elle pénètre profondément.
La peau se lit en trois étages. L'épiderme est la couche de surface, celle que l'on touche, épaisse de quelques dixièmes de millimètre. Le derme vient dessous, superficiel puis profond, et c'est là que siègent les fibroblastes qui fabriquent le collagène. L'hypoderme, encore en dessous, est la couche graisseuse. Le bleu, à courte longueur d'onde, dépose son énergie dans l'épiderme. L'infrarouge, à longueur d'onde plus élevée, la dépose jusque dans le derme profond. Les cibles documentées de ces quatre longueurs d'onde se situent donc dans l'épiderme et le derme.
Quelles longueurs d'onde un masque LED émet-il réellement ?
Une LED n'émet pas une longueur d'onde unique. Elle émet une cloche, centrée sur un pic, dont la largeur décide si une étude publiée s'applique ou non à l'appareil. Un masque annoncé « 850 nm » n'émet donc pas 850 nm : il émet une bande autour de 850 nm, et c'est cette bande qui compte.
Les LED du Lumina 630 ont été mesurées au spectromètre, LED par LED, dans un rapport de test EVERFINE LEDspec daté du 2 août 2025. Voici ce qu'elles émettent, et les études auxquelles ces bandes correspondent.
| LED annoncée | Pic mesuré | Bande émise à mi-hauteur | Longueur d'onde des études citées ici |
|---|---|---|---|
| Bleu 460 nm | 458,7 nm | 449,7 à 467,8 nm | 470 nm, à 2,2 nm au-dessus de la borne haute |
| Jaune 590 nm | 593,5 nm | 586,4 à 600,7 nm | 590 nm, dans la bande |
| Rouge 630 nm | 631,4 nm | 623,5 à 639,4 nm | 630 nm et 633 nm, les deux dans la bande |
| Infrarouge 850 nm | 849,9 nm | 832,4 à 867,5 nm | 830 nm, à 2,4 nm sous la borne basse |
Deux lectures en découlent, et elles ne vont pas dans le même sens.
Le rouge est le cas le plus net. Les deux essais contrôlés randomisés qui documentent l'aspect des rides ont été menés à 630 et à 633 nanomètres. Les deux valeurs tombent à l'intérieur de la bande mesurée du Lumina 630, sans extrapolation.
L'infrarouge demande une nuance. Sa LED est deux fois plus large que les LED visibles, 35,1 nanomètres contre 14 à 18. La référence clinique de 830 nanomètres se situe 2,4 nanomètres sous sa borne basse à mi-hauteur, donc dans les ailes de l'émission et non au cœur de la bande. L'écart entre 830 et 850 n'est pas un saut entre deux raies : les deux distributions se recouvrent largement.
Le bleu, lui, ferme une porte. À 449,7 nanomètres au plus bas, il ne peut pas atteindre le pic d'absorption des porphyrines, situé entre 402 et 413 nanomètres, quelle que soit la tolérance invoquée. Son mécanisme passe par une autre cible, détaillée plus bas.
Pourquoi une couleur ne remplace pas une autre
Cette différence de profondeur explique pourquoi une couleur ne peut pas remplacer une autre. Le bleu agit sur les bactéries en surface. Le rouge agit sur les fibroblastes du derme superficiel, où se fabrique le collagène. Aucune des deux ne peut faire le travail de l'autre, parce qu'elles n'atteignent pas la même profondeur de peau.
Un mythe circule sur l'infrarouge : il n'agit ni sur les muscles, ni à plusieurs centimètres de profondeur. La mesure directe est plus sobre. À 850 nanomètres, 34 % de l'énergie traverse encore 0,784 millimètre de peau, et l'essentiel est absorbé dans le premier millimètre, selon Esnouf et al. (2007), PMID 18077939.
Les profondeurs affichées par les fabricants varient d'ailleurs d'un facteur 13 pour un même faisceau, de 0,37 millimètre à 5 millimètres, selon le seuil d'intensité retenu (Ash et al., 2017). Une profondeur annoncée sans son seuil ne veut rien dire.
Pourquoi quatre couleurs plutôt qu'une
Cette absorption sélective suit un principe optique général. Chaque molécule biologique absorbe certaines longueurs d'onde et pas d'autres. C'est ce qui permet de cibler un effet précis (collagène, bactéries, microcirculation). Il suffit de changer la couleur de la lumière émise. La suite de l'article applique cette logique. Chaque couleur y est traitée séparément, avec son propre niveau de preuve, plutôt que regroupée sous un bénéfice unique.
Le choix de combiner quatre longueurs d'onde plutôt qu'une seule n'est pas arbitraire. Fibia B., fondatrice de SkiinLAB, avait sur sa propre peau quatre préoccupations distinctes : l'aspect des rides, l'éclat et le teint, les imperfections, les rougeurs.
Aucun des appareils qu'elle avait essayés ne couvrait ces quatre territoires à la fois, chacun avec sa longueur d'onde propre selon la littérature présentée plus haut. C'est ce constat qui a orienté la conception du Lumina 630 autour de quatre couleurs.
Fibia B. l'utilise depuis plus d'un an, selon le protocole qu'elle recommande dans le guide fourni avec le masque, et elle y observe, sur sa propre peau, les résultats mis en avant par la marque sur ces quatre préoccupations. Cette expérience est celle de la fondatrice ; les résultats varient d'une personne à l'autre, et les données cliniques détaillées plus loin dans ce guide restent la référence.
Le rouge (630 nm) : quel effet sur l'aspect des rides et la fermeté ?
Le rouge, à 630 nanomètres, est la longueur d'onde la mieux documentée pour l'aspect des rides et la fermeté de la peau. Deux essais contrôlés randomisés convergent sur ce point : Lee SY 2007 (PMID 17566756) et Wunsch & Matuschka 2014 (PMC3926176). Leurs protocoles, leurs effectifs et leurs résultats chiffrés sont détaillés dans lumière rouge et collagène.
Ce qui se joue ici est le mécanisme qui produit cet effet. Il part des fibroblastes. Les fibroblastes sont les cellules du derme qui fabriquent le collagène. Le rouge, absorbé par la cytochrome c oxydase des mitochondries, augmente la production d'ATP. Cette énergie active les fibroblastes. Ils produisent alors davantage de procollagène, le précurseur du collagène, et réduisent les enzymes qui dégradent le collagène existant. Cette base cellulaire est confirmée par une analyse publiée en 2024 (PMC11049838).
La profondeur explique le reste. À 630 nanomètres, la lumière atteint le derme superficiel, exactement là où siègent ces cellules. Une longueur d'onde plus courte s'arrête avant, et ne peut donc pas déclencher cette chaîne, quelle que soit la durée de la séance.
Au-delà des rides, d'autres territoires du rouge disposent aussi d'une preuve publiée, dont un effet anti-inflammatoire documenté en laboratoire, détaillés dans lumière rouge, quels bienfaits réels.
Aucun de ces effets ne s'observe après une seule séance. Ils demandent des séances répétées sur plusieurs semaines, pour la majorité des utilisateurs. Ce point est confirmé par le protocole des deux essais cliniques cités. Sur la façon de lire les photographies qui circulent, nous avons publié notre méthode de lecture des photos avant/après.
Le jaune (590 nm) : quel effet sur l'apparence des rougeurs et l'uniformité du teint ?
Le jaune ne vise ni les mitochondries, comme le rouge et l'infrarouge, ni une bactérie, comme le bleu. Sa cible est dans le sang : sa lumière est absorbée en partie par l'hémoglobine, le pigment rouge des globules. C'est cette absorption qui oriente son action vers le terrain vasculaire, donc vers l'apparence des rougeurs et l'uniformité du teint, et non vers les rides.
L'exclusion est mécanique, pas prudentielle. Sa pénétration s'arrête trop haut pour atteindre les fibroblastes du derme, les cellules décrites plus haut. Le jaune ne peut donc pas déclencher la chaîne qui mène au collagène, et aucune allégation sur les rides ne doit lui être attribuée.
Le niveau de preuve reste modéré, plus faible que celui du rouge. Il repose sur une étude pilote sans bras contrôle mesurant l'indice MASI (Dai & Jin 2022, PMC9776419), sur une réduction de l'érythème après procédure esthétique (Alster & Wanitphakdeedecha 2009, PMID 19397672), et sur des données in vitro concernant la MMP-1, une enzyme qui dégrade le collagène sous l'effet des UVA (PMID 25816722). Les chiffres et les limites de chacune sont repris dans notre article sur la luminothérapie du visage.
Aucune de ces trois sources ne porte sur la rosacée. L'état réel des preuves sur cette pathologie est examiné dans notre article consacré au sujet.
Le bleu (460 nm) : quel effet sur les imperfections en surface ?
Source : bornes citées dans cet article
Le bleu ne passe ni par les mitochondries, comme le rouge et l'infrarouge, ni par l'hémoglobine, comme le jaune. Sa cible n'appartient pas au corps : ce sont des pigments de la bactérie Cutibacterium acnes elle-même, impliquée dans les imperfections.
Quels pigments exactement, cela dépend de la longueur d'onde. Le bleu thérapeutique classique, autour de 415 nm, excite les porphyrines, dont le pic d'absorption se situe entre 402 et 413 nm. Le masque émet plus haut : ses LED sont mesurées à 458,7 nm de pic, sur une bande de 449,7 à 467,8 nm. Cette bande s'inscrit entièrement dans celle des caroténoïdes bactériens, de 420 à 483 nm (Serrage et al., 2024, PMID 38855662).
Excitées par la lumière bleue, ces molécules libèrent des composés qui réduisent la présence de la bactérie en surface, sans agent extérieur ajouté.
Cette cible extérieure explique pourquoi le bleu n'a pas besoin de pénétrer : la bactérie est en surface, la lumière n'a pas à aller plus loin. Elle explique aussi que l'effet possède une borne haute nette : ses auteurs concluent à une efficacité jusqu'à 470 nanomètres au maximum, et n'observent plus d'effet sur la bactérie à partir de 505 nanomètres (Cho et Suh 2006, KoreaMed RID 2087193). La bande émise par le masque, de 449,7 à 467,8 nanomètres, se tient entièrement sous cette borne de 470.
Les revues de synthèse jugent la preuve globale de la lumière bleue très faible à modérée, le niveau le plus bas des quatre couleurs. La réserve porte sur l'ensemble du spectre bleu, jamais sur une longueur d'onde précise, selon Barbaric et al., Cochrane 2016 (PMID 27670126). Les essais cliniques et leurs chiffres sont détaillés dans ce que disent les dermatologues.
Le bleu n'élimine pas les imperfections, et il ne détruit pas les bactéries au sens médical du terme. Ce qu'il fait, précisément : il aide à réduire en surface les bactéries responsables des imperfections, sur les peaux qui y sont sujettes.
L'infrarouge (850 nm) : quel effet sur la micro-circulation et en profondeur ?
L'infrarouge partage le mécanisme du rouge, absorption par la cytochrome c oxydase et hausse de l'ATP disponible, mais pas sa profondeur. Il atteint le derme profond, la couche la plus basse des quatre. C'est un territoire que le rouge n'atteint pas, et c'est la seule chose qui les sépare au niveau cellulaire.
Ce sont les fibroblastes réticulaires, ceux du derme profond, qui répondent le mieux à cette longueur d'onde. Une étude sur fibroblastes dermiques humains prélevés sur peau du visage rapporte, à 850 nm et 20 J/cm², une hausse de l'activité métabolique sans formation détectable de radicaux libres à l'intérieur des cellules, les fibroblastes réticulaires réagissant davantage que les papillaires (Mignon et al., 2018, PMID 29665018). L'effet n'apparaît que dans les conditions d'oxygène du derme réel, autour de 2 % (Mignon et al., 2018), et non dans une culture cellulaire ordinaire.
Son territoire propre est la micro-circulation. Un essai randomisé sur peau saine compare le rouge à 633 nm et le proche infrarouge à 830 nm chez vingt volontaires : l'infrarouge augmente le débit micro-circulatoire de 27 %, puis de 54 % après vingt minutes, quand le rouge ne produit aucune augmentation (Gavish L et al., 2020, PMID 32064652). La mesure est prise au poignet et à la paume, et la moitié des participants seulement répondent, selon leur température cutanée de départ.
Une revue de 2015 documente par ailleurs les suites de procédures esthétiques, toujours à 830 nm (Calderhead et al., PMC4751092). Ces deux sources documentent 830 nm, valeur qui tombe au bord du spectre mesuré de la LED infrarouge du masque, de 832,4 à 867,5 nm. Les deux appartiennent à la bande 800-860 nm, celle où la littérature situe l'effet sur le derme (Park SH et al., 2025).
Sur la fermeté, en revanche, l'infrarouge rejoint le rouge. Le même essai de Lee SY (2007) cité plus haut rapporte, sur son bras à 830 nm, un effet sur les rides et l'élasticité comparable à celui du 633 nm (Lee SY 2007, PMID 17566756). La frontière entre les deux n'est donc pas étanche : ce qui les sépare est la profondeur atteinte, et la micro-circulation, que le rouge ne produit pas.
Quatre longueurs d'onde, quatre usages distincts, dans un seul appareil.
- ✓ Pour l'apparence des rides, des imperfections et l'éclat du teint
- ✓ Quatre longueurs d'onde publiées : 630, 590, 460 et 850 nm
- ✓ 240 LED, du front au menton, en silicone souple
- ✓ Intensité réglable sur 3 niveaux, télécommande rechargeable
Conçu en France · Retour sous 14 jours · Garantie 2 ans
Y a-t-il des dangers ou des contre-indications ?
La photobiomodulation par LED n'émet pas d'UV et ne chauffe pas la peau. Mais elle ne convient pas à tout le monde. La protection oculaire n'est jamais optionnelle.
La différence avec les UV est nette. Les UV endommagent l'ADN cellulaire et accélèrent le vieillissement de la peau. La lumière LED utilisée en photobiomodulation ne partage ni ce spectre, ni ce mécanisme. Elle reste malgré cela une source lumineuse intense, qui impose des précautions propres.
Les yeux doivent être protégés pendant chaque séance. Des lunettes adaptées, ou les yeux fermés selon les instructions de l'appareil, réduisent le risque. La précaution vaut pour toutes les couleurs. Elle compte particulièrement pour le bleu, dont la longueur d'onde courte est la plus proche du spectre sensible pour l'œil.
Certaines situations demandent une vigilance particulière, avec un avis de professionnel de santé requis avant toute utilisation :
- une photosensibilité connue
- la prise d'un médicament photosensibilisant
- un phototype très foncé (phototype VI)
- un soin dermatologique déjà prescrit
Pendant la grossesse, un avis médical préalable est recommandé, par prudence. Les données spécifiques sur ce public restent insuffisantes.
Les effets rapportés restent limités et transitoires, tels qu'une rougeur passagère ou une sensation de sécheresse. Ils disparaissent en général rapidement après la séance.
Un rappel s'impose : il s'agit d'un dispositif de bien-être, non médical. En cas de doute, ou face à un problème de peau déjà diagnostiqué, l'avis d'un professionnel de santé reste la référence. Cela vaut avant toute utilisation. Le détail des précautions par couleur est développé dans l'article sécurité et précautions des masques LED.
En institut ou à domicile : qu'est-ce qui change vraiment ?
La différence entre une séance en institut et une utilisation à domicile tient à trois paramètres mesurables, selon la fiche technique du dispositif :
- la puissance lumineuse reçue par la peau, l'irradiance
- le nombre de longueurs d'onde disponibles
- la régularité des séances
Rien n'impose ici une frontière automatique entre professionnel et grand public.
Ce que mesurent ces trois paramètres
L'irradiance est la puissance lumineuse reçue par la peau, mesurée en milliwatts par centimètre carré (mW/cm²). Plus elle est élevée, plus la dose de lumière reçue en un temps donné est importante.
Le nombre de longueurs d'onde disponibles détermine combien de territoires un appareil peut couvrir en une seule séance, par exemple les rides, les rougeurs, les imperfections et la récupération.
Ce nombre ne dit rien, en revanche, du niveau de preuve de chaque couleur prise séparément. La grille complète est dans notre article sur la signification des couleurs LED.
Le masque LED SkiinLAB Lumina 630 associe une irradiance de 46 mW/cm² à quatre longueurs d'onde (630, 590, 460 et 850 nm). Ces longueurs d'onde sont diffusées par 240 LED, d'après les mêmes données techniques.
Les données d'irradiance en institut varient fortement d'un centre à l'autre. Elles ne sont pas publiées de façon standardisée. Elles ne sont donc pas comparées ici, pour ne pas afficher un chiffre non vérifié.
La régularité compte plus que l'intensité
La régularité prime sur l'intensité d'une séance unique. Une dose lumineuse forte, reçue une seule fois, ne produit pas les effets mesurés par les essais cliniques cités plus haut. Ces essais reposent tous sur des séances répétées, sur plusieurs semaines.
Un protocole réaliste à domicile tient en 10 à 15 minutes, 3 à 5 fois par semaine. Le moment de la journée reste flexible, selon la fiche produit.
Un masque photobiomodulation à domicile ne remplace pas un avis professionnel. Il permet de répéter ce protocole sans dépendre d'un rendez-vous en institut.
Deux points pratiques sur l'usage quotidien :
- La télécommande. Elle fait office de batterie pour le masque, ce qui n'est pas évident à la première utilisation.
- La préparation de la peau. Le masque se pose sur une peau nettoyée et parfaitement séchée, jamais humide, pour un contact correct avec la lumière.
Les caractéristiques complètes de l'appareil cité plus haut, mesures spectrales à l'appui, sont présentées sur notre page Tech et Science, et sur la fiche du masque LED 4 longueurs d'onde.
Questions fréquentes
La photobiomodulation, est-ce que ça marche vraiment ?
Cela dépend de la couleur et de l'effet recherché : la réponse honnête est oui pour certains territoires, avec des nuances pour d'autres.
Le bleu, sur les imperfections, aide à réduire en surface les bactéries responsables, avec un niveau de preuve plus limité, détaillé plus haut dans le guide.
Le rouge, sur l'aspect des rides et la fermeté, s'appuie sur des essais contrôlés solides (Lee 2007, PMID 17566756 ; Wunsch 2014, PMC3926176).
Combien de temps avant de voir une différence ?
Plusieurs semaines de séances régulières, jamais une séance unique, pour la majorité des utilisateurs. Les essais cliniques cités dans ce guide reposent tous sur des protocoles répétés, pas sur un usage ponctuel.
Est-ce que la lumière LED abîme les yeux ?
Une protection oculaire est nécessaire à chaque séance, avec toutes les couleurs. Le bleu demande le plus de vigilance : sa longueur d'onde courte est la plus proche de la zone du spectre à laquelle l'œil est sensible. Des lunettes adaptées, ou les yeux gardés fermés comme le prévoit la notice de l'appareil, limitent ce risque.
Photobiomodulation et luminothérapie, est-ce la même chose ?
Les deux termes désignent le même mécanisme : l'absorption de lumière par les cellules de la peau. « Photobiomodulation » est le terme scientifique. « Luminothérapie » est son usage courant, notamment pour les appareils grand public appliqués au visage.
Peut-on en faire pendant la grossesse ?
Un avis médical préalable est recommandé avant toute utilisation pendant la grossesse. Les données spécifiques sur ce public restent insuffisantes pour trancher sans accompagnement professionnel.
Faut-il arrêter ses soins habituels ?
Non. La lumière LED ne remplace pas les soins de la peau existants. Elle vient en complément, sur le registre de l'apparence : aspect des rides atténué, apparence des rougeurs apaisée, teint plus uniforme. Elle ne se substitue pas aux gestes de soin quotidiens.
Ce qu'il faut retenir
La photobiomodulation n'est pas un mécanisme unique. Trois voies d'absorption distinctes coexistent sous le même mot, et c'est ce qui explique que quatre couleurs ne fassent pas quatre fois la même chose.
- Rouge et infrarouge sont absorbés par la cytochrome c oxydase des mitochondries, ce qui augmente l'énergie disponible pour la cellule. Seule la profondeur les sépare, derme superficiel contre derme profond.
- Le jaune est absorbé par l'hémoglobine, une molécule du sang, ce qui l'oriente vers le terrain vasculaire.
- Le bleu est absorbé par les pigments d'une bactérie de surface, caroténoïdes dans la bande du masque et porphyrines autour de 415 nm : une cible qui n'appartient à aucune cellule de la peau.
- La profondeur atteinte, elle, ne dépend que de la longueur d'onde : une couleur n'agit que là où elle parvient, et aucune durée de séance ne compense une profondeur insuffisante.
- Le détail des preuves, étude par étude et chiffre par chiffre, est développé dans les articles dédiés à chaque territoire.
Passer à la pratique
Pour appliquer ce guide, le masque LED Lumina 630 réunit les quatre longueurs d'onde décrites ici, à 46 mW/cm², sur des séances de 10 à 15 minutes.
Les réunir dans un seul masque évite d'avoir à choisir, et d'accumuler les appareils.
- ✓ Pour l'apparence des rides, des imperfections et l'éclat du teint
- ✓ Quatre longueurs d'onde publiées : 630, 590, 460 et 850 nm
- ✓ 240 LED, du front au menton, en silicone souple
- ✓ Intensité réglable sur 3 niveaux, télécommande rechargeable
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Fibia B., experte beauté et fondatrice de SkiinLAB.
Sources vérifiées une par une auprès des bases primaires, PubMed, Europe PMC et Crossref, avant publication.
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